Comité stratégique : la recette pour ne pas perdre son temps (et celui de vos administrateurs)
« Encore une réunion ? » C’est la crainte légitime de tout chef d’entreprise. Rassurez-vous : une bonne gouvernance n’est pas une succession de réunionites aiguë. Ce sont des moments de respiration stratégique à haute valeur ajoutée. À condition de respecter quelques règles d’or.
Olivier Diehl, Président d’APIA, dans un récent entretien en podcast auprès de Bénédicte Huot de Luze, administratrice indépendante vous donne sa règle :
La règle du 60/20/20 Selon l’expérience de l’APIA, un ordre du jour efficace de Comité Stratégique devrait se découper ainsi :
- 60 % Stratégie & Business : Concurrence, marchés, innovation, durabilité, robustesse de l’exécution, menaces et opportunités. Nous parlons de demain.
- 20 % Humain : Les hommes et les femmes clés. A-t-on les talents pour réaliser la stratégie ?
- 20 % Finances & Conformité : Le carburant, le serrage de boulon et le respect de la règlementation.
L’hygiène de la réunion : Pas de PowerPoint découvert en séance ! Pour qu’un administrateur indépendant soit pertinent, il doit avoir travaillé. Rien n’est pire qu’un comité « à l’arrache » où l’on découvre les documents sur table. La règle est simple : les documents doivent être envoyés une semaine avant. La séance ne sert pas à lire des slides, mais à débattre des options et à trancher. C’est cette discipline qui transforme une réunion bavarde en outil de décision.
L’ego au vestiaire Pour que cela fonctionne, l’administrateur doit avoir ce qu’on appelle un « ego apaisé ». Il ne se substitue pas au dirigeant, par son questionnement l’administrateur aide ce dernier à se forger une opinion, à étayer sa réflexion. In fine c’est le dirigeant qui décide, qui prend son risque. La décision devient plus robuste, portée par un collectif. L’administrateur n’est pas là pour prendre votre place, mais pour tester vos hypothèses, élargir votre champ de vision et aussi, vous apprendre à rendre des comptes.
Combien ça coûte ? C’est souvent un faux débat. En France, l’indemnité des administrateurs en PME/ETI (5k€ à 20k€ par an) sont sans commune mesure avec les tarifs anglo-saxons ou suisses. Les administrateurs, anciens dirigeants ne viennent pas pour l’argent (ils en ont souvent déjà), ils viennent pour la stimulation intellectuelle, l’envie de transmettre et un zest d’adrénaline. Pour un dirigeant, disposer d’un administrateur, c’est un investissement à haut rendement, pas une charge.
Le conseil du jour : Commencez petit mais carré. 4 réunions par an, un ordre du jour précis, des documents envoyés à l’avance. C’est tout ce qu’il faut pour démarrer.
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