Genoskin, entreprise de biotechnologie, basée en France à Toulouse, et aux Etats-Unis à Salem MA, annonce le renforcement de sa gouvernance avec l’intégration au sein de son Conseil d’Administration de Fabrice Bouteille, administrateur indépendant, membre APIA.

Créée en 2011 à Toulouse, Genoskin développe des solutions innovantes fondées sur une technologie brevetée permettant de maintenir « vivants » des échantillons de tissus humains (notamment de peau). Grâce à son expertise unique en biologie cutanée et en immunologie, l’entreprise transforme le développement de médicaments, de dispositifs médicaux, de produits cosmétiques et de soins personnels en générant des données immunologiques pertinentes pour l’humain. Cette approche permet de réaliser des tests cutanés ou des injections en conditions réelles, sans recourir à l’expérimentation animale, tout en répondant aux nouvelles exigences réglementaires, telles que la FDA Modernization Act 2.0 et 3.0 ainsi que le European Biotech Act.

Voir le communiqué de presse

Dans les trois prochaines années, plus de 50 000 PME de plus de 10 salariés seront transmises en France. (Source Bpifrance)

Derrière ce chiffre, une réalité simple mais souvent sous-estimée :
👉 pour la grande majorité des dirigeants, la cession est une expérience unique.

Dans 99 % des cas, on ne vend son entreprise qu’une seule fois.
Et c’est sans doute la décision la plus structurante d’une vie professionnelle.

Une opération stratégique… qui ne s’improvise pas

Une cession réussie ne se joue pas au moment de la mise sur le marché.
Elle se construit bien en amont.

Idéalement, la préparation commence trois ans avant la transaction.
Un an constitue un minimum — souvent trop court pour traiter les sujets de fond.

Car un acquéreur n’achète pas uniquement une performance passée.
Il évalue avant tout une capacité à durer, à se transmettre et à se développer sans dépendance excessive à son dirigeant.

De la performance… à la transmissibilité

La différence entre une entreprise “vendable” et une entreprise “bien valorisée” tient à quelques facteurs structurants :

  • la capacité à fonctionner sans dépendance critique au dirigeant
  • la solidité et l’autonomie de l’équipe de management
  • la fiabilité des processus et des indicateurs
  • la maîtrise des risques (clients, marchés, juridiques, sociaux, IT…)

À défaut, le marché sanctionne rapidement ces fragilités :
👉 un risque homme-clé peut entraîner une décote de 20 à 30 %.

Une dimension souvent oubliée : le dirigeant lui-même

Préparer une cession, c’est aussi se préparer personnellement.

👉 Que vais-je faire après ?  Comment préserver un équilibre de vie, un rôle, une utilité ?

Sans réflexion anticipée, beaucoup de dirigeants font face à un vide brutal après la cession :
perte de repères, de rythme, de lien social.

Réussir une transmission, c’est donc aussi réussir son “après”.

Le choix du repreneur : une décision structurante

Toutes les cessions ne se ressemblent pas. Et tous les repreneurs n’ont pas les mêmes objectifs.

  • industriel : logique de synergies et d’intégration
  • fonds d’investissement : logique de structuration et de performance
  • équipe de management (MBO/MBI) : logique de continuité
  • repreneur individuel : logique entrepreneuriale

👉 Le bon choix dépend autant du projet du dirigeant que de celui de l’entreprise.

La gouvernance : un levier souvent sous-exploité

Dans ce contexte, la mise en place d’une gouvernance structurée (type APIA) prend tout son sens.

Elle permet de :

  • piloter dans la durée la préparation de la cession, avec méthode et discipline
  • prendre du recul, challenger les évidences et poser les bonnes questions
  • anticiper les attentes des acquéreurs et leurs critères de décision

Mais surtout, elle contribue directement à la création de valeur.

En travaillant en amont sur :

  • la qualité et la récurrence des revenus
  • la réduction des risques
  • la maîtrise des coûts et des marges

👉 et en construisant une equity story lisible, cohérente et crédible

Notre retour d’expérience

Les membres d’APIA (Administrateurs Professionnels Indépendants Associés) sont tous des dirigeants ou d’anciens dirigeants, dont la plupart ont été directement confrontés aux enjeux de transmission et de cession d’entreprise.

Une conviction s’impose au fil des expériences :

👉 les cessions réussies sont rarement les plus opportunistes…mais les mieux préparées.

Et vous ?

La question n’est pas tant de savoir si vous allez céder votre entreprise…
mais quand et dans quelles conditions.

📅 Nous aurons le plaisir d’échanger sur ces sujets prochainement à Lyon avec APIA.

👉 Et si la réflexion est déjà engagée de votre côté, nous serons ravis d’en discuter.

APIA Rhône.

La Transformation Digitale des PME et ETI : Un Impératif Stratégique au Cœur de la Gouvernance

À l’heure où les crises successives et la volatilité des marchés redessinent les chaînes de valeur mondiales, la transformation numérique s’impose plus que jamais comme un enjeu de survie pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI).

L’édition 2025 du Baromètre France Num révèle que 78 % des dirigeants de TPE et PME estiment que le numérique représente un bénéfice réel pour leur activité, et 40 % déclarent qu’il permet d’augmenter directement leur chiffre d’affaires. Une dynamique d’accélération massive se profile : selon une étude de la fin 2025, 82 % des PME françaises prévoient d’investir de façon significative dans leur transformation digitale en 2026, avec un budget moyen de 75 000 €, marquant une hausse spectaculaire de 120 % par rapport à 2024.

Cet article, destiné aux dirigeants de PME et ETI, décrypte les enjeux et la méthode de cette mutation indispensable, en s’appuyant rigoureusement sur des données récentes pour garantir les stratégies pérennes de nos entreprises.

De l’automatisation à la transformation : définir le cap stratégique

Il convient en premier lieu de dissiper une confusion fréquente. En 2021, le chercheur Grégory Vial a défini la transformation numérique comme un « changement organisationnel déclenché et façonné par la diffusion à grande échelle des technologies numériques », dont l’aboutissement permet le développement d’une proposition de valeur nouvelle.

Cette définition académique explicite clairement la différence structurelle entre l’automatisation de base et la transformation digitale. L’automatisation se concentre sur l’exécution de tâches spécifiques et répétitives par des machines ou des logiciels (par exemple, la saisie de factures) dans le but d’optimiser la productivité. La transformation digitale, en revanche, implique une refonte globale et systémique des processus métier, du modèle économique et de la culture d’entreprise. Elle englobe la collecte, le traitement et l’analyse des données pour briser les silos organisationnels, intégrer le client dans la co-création de valeur, et permettre une prise de décision stratégique rapide et éclairée.

Les étapes clés pour une mise en place réussie

Sachant qu’une part importante des projets de transformation digitale se heurte à des difficultés d’exécution, une méthodologie rigoureuse s’impose à tous et notamment aux PME et ETI :

  1. Définir la vision et auditer l’existant : La transformation commence par une analyse minutieuse des processus pour identifier les points de friction majeure. La vision stratégique doit être dictée par la direction générale et partagée par tous.
  2. Structurer la gouvernance et prioriser : Il est indispensable d’établir une feuille de route budgétisée soutenue par une gouvernance claire. Les dirigeants doivent lancer des « quick wins » (victoires rapides) pour démontrer immédiatement la valeur du digital et embarquer les équipes.
  3. Choisir les technologies adaptées : Le choix des outils doit répondre aux besoins spécifiques et s’intégrer aux systèmes existants. Aujourd’hui, 37 % des PME rencontrent des difficultés à identifier un prestataire de services numériques compétent.
  4. Placer l’humain au centre (Conduite du changement) : La résistance au changement et la culture d’entreprise constituent les principaux défis d’une transformation réussie. L’adhésion s’obtient par la communication et la formation.
  5. Déployer progressivement et ajuster : Une approche itérative permet de limiter les risques financiers et opérationnels, tout en mesurant les indicateurs clés de succès (KPIs) et le retour sur investissement (ROI) en temps réel.

Exemple emblématique des places de marché dans le commerce de détail

Aujourd’hui, plus de la moitié des achats en ligne sont réalisés via des places de marché. Cela constitue une opportunité significative, pour une marque présente en eCommerce, d’augmenter considérablement sa visibilité et ses ventes. Un gros site marchand peut enrichir son offre avec des vendeurs tiers et ajouter à son modèle une activité complémentaire de place de marché (Maison du Monde). Enfin un distributeur qui pèse significativement sur son marché peut se muer en entreprise plateforme et couvrir l’ensemble des besoins de ses clients en décuplant son offre (Leroy Merlin). Dans le premier cas, c’est un ajout d’un canal de distribution qu’il faut apprendre à gérer. Dans le deuxième, un distributeur devient centre commercial c’est donc un nouveau métier qu’il faut apprendre et qui impacte le modèle historique, enfin le passage à une entreprise plateforme est un changement organisationnel profond et complet. Une même opportunité, plusieurs manières de l’adresser et, au fond, une évolution de modèle que le digital rend possible en s’affranchissant des limites du monde physique (l’espace et donc l’offre). Selon les cas, la vision, la gouvernance du projet, la conduite du changement, l’investissement à l’entrée, le choix des outils, l’apprentissage progressif, les compétences requises et à terme la proposition puis la création de valeur sur un temps long sont des sujets stratégiques qu’il convient de challenger en Conseil.  

Champ des possibles

Au-delà de l’exemple précédent dans la Vente, le Marketing et l’Expérience Client, la transformation digitale peut et doit irriguer l’ensemble des fonctions de l’entreprise pour en optimiser la performance globale.

Cette révolution numérique touche ainsi :

  • Les Finances et la Comptabilité : par l’adoption d’outils d’automatisation des processus (RPA) pour la saisie des factures, la gestion des notes de frais, la clôture comptable ; par la mise en place de systèmes d’analyse financière avancée et de reporting en temps réel, permettant une prise de décision plus rapide et éclairée, et une meilleure gestion des risques…
  • La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement) : avec des plateformes numériques dédiées au suivi des indicateurs RSE, à la gestion des audits de conformité, à la traçabilité des produits pour garantir une chaîne de valeur plus transparente et responsable, et à l’amélioration de la sécurité via l’IoT (Internet des Objets) et l’analyse de données…
  • La Production, les Opérations et la Logistique : où l’Industrie 4.0 se concrétise par l’interconnexion des machines (IoT industriel), l’optimisation des chaînes de production grâce à l’intelligence artificielle (IA), l’utilisation de jumeaux numériques pour la simulation, et la gestion des flux logistiques en temps réel (optimisation des tournées, traçabilité avancée)…
  • La R&D et l’Innovation : par l’utilisation du “cloud computing” et du “big data” pour accélérer la conception et le prototypage de nouveaux produits ou services, le recours à la simulation numérique et l’intégration des méthodologies Agiles et des plateformes collaboratives…
  • Les Achats : grâce à la dématérialisation des processus de commande (e-procurement), l’analyse des dépenses (spend analysis) pour identifier des leviers d’économies, la digitalisation de la gestion des contrats et l’évaluation numérisée des fournisseurs…
  • L’Informatique et la Cybersécurité : au cœur de la transformation, ces fonctions sont renforcées par le passage au cloud (SaaS, PaaS, IaaS), l’adoption de pratiques de développement DevOps, et surtout par des solutions de cybersécurité de pointe (IA pour la détection de menaces, zero trust) pour protéger le patrimoine informationnel de l’entreprise…
  • Le Juridique : par l’automatisation de la rédaction de documents contractuels, la gestion électronique des preuves et des contentieux, et des outils de veille réglementaire alimentés par l’IA…
  • Les Ressources Humaines : par l’automatisation des nombreux processus administratifs RH (paie, congés, déclarations sociales…) qui va, non seulement réduire les coûts de gestion et minimiser les erreurs, mais surtout améliorer la qualité de vie au travail (QVT) de tous les collaborateurs ; cette meilleure QVT influençant positivement le pouvoir d’attraction et de rétention des talents par l’entreprise.

Et que dire, en ces temps de “guerre des talents”, de la transformation des processus de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC), où les outils numériques (plateformes d’e-learning personnalisées, learning experience platforms, analyse prédictive des besoins en compétences) permettent une actualisation et une acquisition de compétences bien plus rapides, ciblées et efficaces, assurant l’adéquation constante des ressources humaines aux évolutions stratégiques de l’entreprise ?

La transformation digitale est donc un levier stratégique pour la compétitivité et la pérennité des PME et ETI.

Bénéfices

Ils sont nombreux, quantitatifs et aussi significatifs.

Citons-en quelques uns observés par des PME et ETI, dans des secteurs variés, qui ont franchi le “rubicon digital” :

  • gain de 90€/ha/an en irrigation grâce à une plateforme agro-météo connectée à des stations météo locales
  • gains de temps de 40 à 50 % sur la comptabilité grâce à la dématérialisation de processus
  • réduction d’erreurs de stock de 75 % via la mise en place d’un ERP associé à l’IA en agro-alimentaire
  • amélioration de 42% du MTTR (Mean Time To Repair) en couplant processus de maintenance et Internet des Objets (IoT)
  • réduction de 10% des mises au rebut de produits retournés grâce une logistique reverse totalement digitalisée, depuis le consommateur au e-commerçant spécialisé, via ses transporteurs et ses prestataires logistiques
  • réduction de 50% du nombre d’échantillons fabriqués en avant-vente dans le secteur de minéraux haut de gamme sur mesure (terrazo, marbre…)
  • réduction de 50 % de la durée de projets de construction grâce au Building Information Modeling (BIM) avec maquettes numériques 3D

Freins

Les freins les plus souvent évoqués sont :

  • La complexité des solutions qui nécessitent des compétences pointues, souvent rares sur le marché, et aussi – parfois – des développements coûteux.
  • Le manque d’agilité général des organisations qui doivent revoir leurs processus, casser les silos et faire collaborer des métiers qui se parlent peu.
  • La résistance au changement des équipes qui, face à une mutation de l’exécution contrôlée vers l’analyse de flux automatisés, craignent pour leur travail, leurs compétences et, in fine, leur employabilité.

L’approche vue précédemment permet de circonvenir et éliminer ces obstacles ; notamment par une focalisation sur la gestion du changement qui permet de protéger et développer le capital humain de l’entreprise. 

La foison de solutions technologiques sur étagère permet d’abaisser sensiblement les coûts et leur facilité d’usage croissante d’en augmenter l’accessibilité. La difficulté majeure consiste probablement à sélectionner les plus adaptées.

Conclusion : L’indispensable boussole de l’Administrateur Indépendant

Si les bénéfices d’une transformation numérique réussie sont tangibles (les PME très digitalisées anticipent des gains de CA allant jusqu’à 18 %), et que 250 000 salariés de PME devraient être formés au digital en 2026, la marche à franchir demeure vertigineuse. Face à une forme de complexité technologique croissante, 37 % des dirigeants de PME peinent à trouver les bons prestataires, et nombre d’entre eux se disent freinés par le manque de temps ou de compétences internes.

Dans cet environnement volatil où l’IA générative et les cybermenaces rebattent les cartes, la gouvernance de l’entreprise est la clef de voûte de la réussite. Pour s’orienter, les dirigeants se tournent souvent vers leurs réseaux professionnels (38 %) ou leur expert-comptable (18 %). Cependant, intégrer un administrateur indépendant expert du numérique (tel que promu par le réseau APIA) au sein du conseil d’administration constitue un véritable avantage stratégique.

Détaché du quotidien opérationnel, cet expert apporte la prise de recul vitale. Il challenge la stratégie d’allocation budgétaire, évalue objectivement les risques de cybersécurité, arbitre les investissements technologiques (Cloud, IA), et s’assure que l’humain et la formation demeurent les priorités absolues. Dirigeants, ne naviguez pas à vue : dotez votre gouvernance de cette expertise indépendante, seule garante pour transformer vos lourds défis numériques en une résilience et une performance durables.

Dominique Josse, Jean-Luc Tramoy

APIA Hauts-de-France

Olivier Diehl, Président d’APIA, dans un récent entretien en podcast auprès de Bénédicte Huot de Luze, administratrice indépendante, fait le point :

Et si avoir un administrateur indépendant devenait une obligation légale, comme c’est déjà le cas pour les commissaires aux comptes au-delà de certains seuils ? C’est le vœu pieux d’APIA pour les entreprises de 10 à 15 M€ de CA. Mais obligation ou pas, le marché est en train de l’imposer de fait.

Le monde est devenu très complexe pour une seule personne :  cybersécurité recrutement et management, Intelligence artificielle, durabilité, instabilité géopolitique… Le mythe du dirigeant omniscient est mort. Vous ne pouvez pas être expert en tout. Votre gouvernance doit évoluer pour limiter les angles morts. Pas besoin d’experts techniques, mais disposer d’administrateurs capables de comprendre, d’intégrer et de transformer ces enjeux positivement dans vos entreprises.

La cartographie des risques : votre boussole Dans les PME, la gestion des risques est souvent « au doigt mouillé ». L’administrateur indépendant apporte une méthodologie, un outil d’aide à la décision. Il va exiger (ou aider à construire) une cartographie des risques basée sur un questionnement 360°

  • Risque cybersécurité : comment sommes-nous protégés ? l’avons-nous testé ?
  • Risque homme clé : que se passe-t-il si le DAF part demain ?
  • Risque sous-traitance :  Comment diversifier notre dépendance fournisseur ? si l’un d’entre eux faisaient faillite ? C’est le rôle du « phare dans la nuit » : vérifier que vous n’avez pas d’angle mort et (re)allouer les ressources humaines, technologiques ou financières sur les vraies priorités.

Osez la diversité et la jeunesse La moyenne d’âge des administrateurs en France est de 63 ans. C’est l’âge de l’expérience, certes. Mais face aux défis de l’IA ou des nouveaux modèles économiques, n’ayez pas peur de mixer les générations et de favoriser la mixité. Un Board moderne, c’est l’alchimie entre la sagesse d’un(e)dirigeant(e) chevronné(e) et l’agilité de profils plus jeunes ou issus de secteurs différents.

Le conseil du jour : Anticiper les enjeux de demain et prenez une longueur d’avance sur vos concurrents en structurant votre gouvernance dès maintenant. C’est un signal fort de maturité envoyée à tout votre écosystème.

Pour écouter le podcast dans son intégralité, cliquez-ici.

« Encore une réunion ? » C’est la crainte légitime de tout chef d’entreprise. Rassurez-vous : une bonne gouvernance n’est pas une succession de réunionites aiguë. Ce sont des moments de respiration stratégique à haute valeur ajoutée. À condition de respecter quelques règles d’or.

Olivier Diehl, Président d’APIA, dans un récent entretien en podcast auprès de Bénédicte Huot de Luze, administratrice indépendante vous donne sa règle :

La règle du 60/20/20 Selon l’expérience de l’APIA, un ordre du jour efficace de Comité Stratégique devrait se découper ainsi :

  • 60 % Stratégie & Business : Concurrence, marchés, innovation, durabilité, robustesse de l’exécution, menaces et opportunités. Nous parlons de demain.
  • 20 % Humain : Les hommes et les femmes clés. A-t-on les talents pour réaliser la stratégie ?
  • 20 % Finances & Conformité : Le carburant, le serrage de boulon et le respect de la règlementation.

L’hygiène de la réunion : Pas de PowerPoint découvert en séance ! Pour qu’un administrateur indépendant soit pertinent, il doit avoir travaillé. Rien n’est pire qu’un comité « à l’arrache » où l’on découvre les documents sur table. La règle est simple : les documents doivent être envoyés une semaine avant. La séance ne sert pas à lire des slides, mais à débattre des options et à trancher. C’est cette discipline qui transforme une réunion bavarde en outil de décision.

L’ego au vestiaire Pour que cela fonctionne, l’administrateur doit avoir ce qu’on appelle un « ego apaisé ». Il ne se substitue pas au dirigeant, par son questionnement l’administrateur aide ce dernier à se forger une opinion, à étayer sa réflexion. In fine c’est le dirigeant qui décide, qui prend son risque.   La décision devient plus robuste, portée par un collectif. L’administrateur n’est pas là pour prendre votre place, mais pour tester vos hypothèses, élargir votre champ de vision et aussi, vous apprendre à rendre des comptes.

Combien ça coûte ? C’est souvent un faux débat. En France, l’indemnité des administrateurs en PME/ETI (5k€ à 20k€ par an) sont sans commune mesure avec les tarifs anglo-saxons ou suisses. Les administrateurs, anciens dirigeants ne viennent pas pour l’argent (ils en ont souvent déjà), ils viennent pour la stimulation intellectuelle, l’envie de transmettre et un zest d’adrénaline. Pour un dirigeant, disposer d’un administrateur, c’est un investissement à haut rendement, pas une charge.

Le conseil du jour : Commencez petit mais carré. 4 réunions par an, un ordre du jour précis, des documents envoyés à l’avance. C’est tout ce qu’il faut pour démarrer.

Pour écouter le podcast dans son intégralité, cliquez-ici.

370 000 entreprises françaises vont changer de main d’ici 2030 (Source Bpifrance). Pour les entreprises familiales, c’est souvent le moment de tous les dangers. L’affect s’en mêle, l’histoire pèse lourd, et la lucidité peut manquer. C’est ici que la gouvernance efficace devient votre meilleure assurance-vie.

Dissocier l’affect de l’intérêt social « L’Oncle Roger » et « Tante Martine » sont sympathiques au repas dominical, mais sont-ils les meilleurs pour valider votre pivot stratégique ? Pas sûr. Ouvrir la gouvernance familiale à des tiers permet de faire la part des choses entre l’intérêt de la famille (patrimoine, dividendes) et l’intérêt social de l’entreprise (investissement, pérennité).

Olivier Diehl, Président d’APIA, dans un récent entretien en podcast auprès de Bénédicte Huot de Luze, administratrice indépendante, cite l’exemple frappant d’une ETI où le fils du fondateur était pressenti pour la Direction Générale. Grâce à un comité stratégique indépendant, le sujet a été mis sur la table sans drame : le fils n’était pas à ce moment le meilleur candidat pour le poste de DG. Résultat ? Une dissociation des pouvoirs : une présidence familiale incarnée, et une direction générale confiée à un profil extérieur chevronné. L’entreprise, les autres parties prenantes et la famille ont été rassurées.

Briser la solitude pour éviter le mur L’association « 60 000 rebonds » regorge d’entrepreneurs brillants qui ont fini par déposer le bilan. Leur point commun ? L’isolement. Quand on est seul maître à bord ou dans un actionnariat familial, on peut s’enfermer dans ses certitudes. L’administrateur indépendant agit comme un sparing partner, un phare dans la nuit. Il n’a pas d’intérêt financier direct (sa rémunération est celle du temps passé, pas du capital) mais aussi un égo apaisé, son seul objectif est la pérennité de la structure.

Le modèle gagnant Inspirez-vous de nos voisins suisses ou allemands. Ils ont culturellement intégré la séparation entre ceux qui font (le Directoire) et ceux qui surveillent et orientent (le Conseil de Surveillance). Ce n’est pas une perte de pouvoir, c’est un gage de pérennité.

Le conseil du jour : Si vous envisagez une transmission dans les 5 ans, installez votre gouvernance dès aujourd’hui. C’est le meilleur cadeau que vous puissiez faire à votre famille.

Pour écouter le podcast dans son intégralité, cliquez-ici.

Vous dirigez votre PME ou ETI avec succès. Vous avez votre Comex pour le quotidien, votre expert-comptable pour les chiffres et votre avocat pour le droit. Vous pensez être bien entouré. Pourtant, une question subsiste : qui vous challenge vraiment sur l’après-demain ?

Dans un récent entretien en podcast auprès de Bénédicte Huot de Luze, administratrice indépendante, Olivier Diehl, président d’APIA, soulignait un point crucial : la solitude du dirigeant n’est pas une fatalité, c’est un (mauvais) choix d’organisation.

Comex vs Comité Stratégique : ne confondez plus L’erreur classique est de penser que le Comité de Direction (Comex) suffit. C’est faux. Votre Comex gère le « nez dans le guidon » : l’opérationnel, l’urgence, le mois en cours. La gouvernance, elle, s’occupe du temps long. Faire entrer un administrateur indépendant, c’est accepter de lever la tête, de structurer sa réflexion en apprenant à rendre des comptes. C’est faire entrer un pair, un autre dirigeant qui a déjà vécu la croissance « x2 » ou « x3 » que vous visez, et qui ne vient pas pour gérer votre quotidien, mais pour sécuriser votre avenir.

L’Avocat répond, l’Administrateur questionne Ne confondez pas l’administrateur indépendant avec vos conseils habituels :

  • Votre avocat répond aux questions que vous lui posez. Si vous ne posez pas la bonne question, vous n’aurez pas la réponse.
  • L’administrateur indépendant, lui, est un  » visionnaire des risques « . Son rôle est de poser la question qui fâche, celle que personne n’ose formuler en interne : « Avez-vous pensé au plan B si votre fournisseur américain vous lâche ? ».

Un accélérateur de crédibilité Au-delà de l’effet miroir, une gouvernance structurée est un actif immatériel puissant. Olivier Diehl le rappelle : lorsque vous allez voir votre banquier ou un fonds d’investissement avec des dossiers travaillés en amont par un comité stratégique, vous changez de ligue. Vous ne demandez pas simplement un financement, vous présentez une stratégie validée et challengée.

Le conseil du jour :  Organiser sa Gouvernance c’est pour un dirigeant de disposer de son incubateur personnel

Pour écouter le podcast dans son intégralité, cliquez-ici.

Lost in boardroom

La sociologie serait-elle le chaînon manquant de la gouvernance des entreprises ? Un constat de terrain détonne: les apports des sciences sociales restent singulièrement absents des conseils d’administration. Ceux-ci gagneraient en efficacité à appliquer une lecture systémique de leur propre organisation.

En 2011, le regretté sociologue François Dupuy publiait “Lost in Management »(1), un ouvrage de référence démontrant que les problèmes de management ne résident ni dans les personnes, ni dans les processus, mais dans les systèmes que nous créons, le plus souvent sans les avoir pensés. Quinze ans plus tard, il semblerait utile d’appliquer désormais cette
grille de lecture à la gouvernance d’entreprise.

Un décorum souvent sans efficacité
La gouvernance connaît en effet un regain d’intérêt sous l’effet de tendances profondes :
financiarisation accrue de l’économie (PE, VC) et émulation des entreprises familiales, lois de parité (Copé-Zimmermann), multiplication des formations certifiantes (intialement IFA, EMLyon) et évangélisation des PME par des associations d’entrepreneurs, comme APIA pour les PME ou plus récemment Board Project.

Mais sur le terrain, malgré ces efforts, les dirigeants et actionnaires témoignent majoritairement d’interactions en conseil souvent décevantes, voire parfois dysfonctionnelles. Ils errent à la recherche de solutions, plaçant leurs espoirs dans de nouvelles méthodes ou dans le renouvellement du casting idéal. Ce faisant, ils ignorent l’ampleur systémique de leurs difficultés.

Des difficultés intrinsèques

Une première faiblesse tient au choix des membres du conseil, qui ne constituent pas nécessairement une équipe efficace au service de l’entreprise. Les administrateurs familiaux ou financiers s’imposent naturellement mais ils portent toujours un biais d’intérêt, souvent un certain conformisme, parfois un désalignement conférant au désengagement. Quant aux indépendants, recrutés trop classiquement pour leur expertise, ils pensent devoir justifier leur présence par leurs idées métier, au risque d’une posture de « CODIR bis », qui ajoute à la complexité de la direction de l’entreprise plutôt qu’elle ne la résout.

Un second problème, dans les PME, réside dans la faible préparation des réunions elles-mêmes. Consciemment ou non, de nombreux dirigeants manipulent le partage d’informations, souvent tardif ou incomplet, et ils manquent de clarté sur leurs attentes vis-à-vis du conseil. Cela traduit un problème plus profond : l’inutilité du board pour le dirigeant ou une menace sur sa liberté d’action. Réciproquement, les membres ne s’interrogent que trop rarement sur l’environnement qu’ils ont créé: le dirigeant peut-il y demander de l’aide sans se sentir jugé ?

La sociologie du silence

Enfin, cela installe les conditions d’une faible interaction lors des conseils. A regarder la sociologie de ses membres, on comprend qu’un système implicite d’incentives freine l’expression libre de la parole et conduit à une forme de “sleep driving” du conseil :

  • l’asymétrie d’informations rend anxieux d’être pris en défaut de compétence ou de compréhension ;
  • les freins culturels évitant le malaise de la contradiction, comme la politesse, la déférence au dirigeant, la gratitude à un investisseur ou la peur de déranger ;
  • une résignation à ne pas intervenir, si son impact personnel sur l’entreprise est jugé faible, soit par absence de risques (comités consultatifs), soit par absence de gains (faible rémunération ou options) ;
  • une crainte à l’inverse des financiers de voir des positions trop interventionnistes consignées en compte-rendu.

In fine, qui est alors en mesure de dire ce qui s’impose, d’expliciter les risques sans biais et de défendre l’intérêt social de l’entreprise de manière vivante?

La piste de l’Indépendant(3)

Si la ligne de force d’un conseil reste bien sûr la relation du dirigeant avec ses principaux actionnaires, des administrateurs indépendants bien choisis ont un rôle déterminant à jouer pour penser le système à l’œuvre au sein du conseil et veiller à son équilibre. En effet, eux seuls bénéficient en effet de la neutralité et de la distance nécessaires pour mener cette analyse anthropologique, à la suite d’un Dupuy. Pour réussir, ils ont besoin :

  • d’avoir une hauteur de vue et une expérience de patron (plutôt que la simple expertise) pour traiter d’égal à égal avec le dirigeant, avec détachement ;
  • d’être pleinement motivés pour faire l’effort d’affronter les difficultés et donc de bénéficier d’une reconnaissance matérielle corrélée à la trajectoire de l’entreprise ;
  • d’être investi explicitement de la coresponsabilité du bon fonctionnement du conseil, avec une attention sociologique au jeu de chaque membre.

Cette démarche est loin d’être triviale. Le VC Mahendra Ramsinghani(2) notait récemment que moins de 10 % des sièges d’indépendants prévus dans les pactes des start-ups américaines étaient effectivement pourvus. Pourtant c’est une approche, plus scientifique et moins anecdotique, qui peut libérer le plein potentiel d’un conseil d’administration – et accessoirement donner plus de satisfaction à ses membres aujourd’hui un peu perdus.

Par Marc Westermann
Entrepreneur, dirigeant et administrateur de PME/ETI dans l’industrie tech, membre d’APIA Alpes et de Board Project.

(1) François Dupuy, Lost in Management, Editions Point
(2) Mahendra Ramsinghani, Startup Boards: Getting the Most Out of Your Board of Directors – Wiley Publisher
(3) l’Administrateur Indépendant, ou INED (Independant Non-Executive Director)

APIA a le plaisir d’annoncer l’élection de Gaëtan de la Brosse à la présidence d’APIA Région Auvergne, pour un mandat d’un an.

Dirigeant d’entreprise pendant plus de 20 ans au sein de l’une des plus grandes enseignes indépendantes de la distribution alimentaire, Gaëtan de La Brosse est aujourd’hui entrepreneur et administrateur indépendant. À travers sa structure, il accompagne des dirigeants dans leurs réflexions stratégiques, leurs projets de transformation et leur gouvernance.

Dans la continuité de l’action menée par Laurent Etellin, qu’il remercie pour son engagement, Gaëtan de La Brosse souhaite poursuivre le développement d’APIA Région Auvergne et renforcer la sensibilisation des dirigeants aux bénéfices d’une gouvernance ouverte.

Convaincu, par son propre parcours, que l’intégration d’un administrateur professionnel indépendant est un levier clé de pérennité, de vision stratégique et d’anticipation des risques, il œuvre pour des dirigeants moins isolés et des organisations plus robustes.

Trouver un Administrateur